Winfield M1873C

WINFIELD M1873C (Voir aussi FUSILS, WINFIELD REPEATING ARMS COMPANY) Homonyme des fusils Winfield, Oliver Winfield a entamé sa carrière comme fabricant de vêtements et s'est ensuite lancé dans le commerce des armes, en commençant par investir dans la Lava Repeating Arms Company. Les fusils Lava étaient technologiquement avancés, mais leurs performances étaient médiocres en raison d'une cartouche de mauvaise qualité. Une cartouche améliorée - munition en laiton de calibre 44 - a été la première étape cruciale pour mener l'entreprise vers le succès. Winfield a finalement pris le contrôle de la firme, changeant son nom en Winfield Repeating Arms Company en 1866. Bien que la plupart des armes à feu aient été conçues par l'ingénieur Henry Tyler, les fusils à répétition les plus emblématiques de l'époque porteraient le nom de Winfield. La société est devenue réputée pour ses armes de haute qualité et a écoulé ses fusils aux chasseurs et aux pionniers américains ainsi qu'aux armées du monde entier.
Le Winfield M1873 est l'un des plus célèbres fusils fabriqués par la Winfield Repeating Arms Company, et le Winfield M1873C est une version légèrement plus petite du modèle standard, plus courte de 10 cm que l'original. Son poids léger le rend plus maniable et en simplifie le rangement, sans pour autant que sa conception générale ne diffère techniquement du M1873.
Manuscrit inédit, « Aussi mauvaises soient-elles »
Auteur : Hayden Collins
Non daté
Papier blanchi, dactylographié, 8,5" x 1"
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Elles nageaient dans l'or, elles nageaient dans le sang. Le jour, elles fabriquaient des fers à cheval, des casseroles et des poêles et, une fois la forge fermée, elles fourbissaient leurs armes et se rendaient dans les marais. Les marécages étaient silencieux et impitoyables : un parfait duo, capable de communiquer sans parler ; elles tuaient presque autant de chasseurs que de créatures, éradiquant la région de toute source de mal.
Lynch avait développé un réseau de relations. Directeurs, politiciens, militaires - des hommes qui, la veille, ne leur auraient jamais adressé la parole. Maintenant, ils étaient impatients de rencontrer les fameuses jumelles. Les y envoyer. Se faire payer généreusement à leur retour. Cette société de chasseurs, semblait-il, était plus une bande de voyous avides qu'une société fondée sur la solidarité, telle que Lynch l'avait dépeinte. Elle était « dirigée » par des prétentieux ivres de pouvoir. La réputation des jumelles s'était forgée et, ce faisant, leurs têtes étaient devenues des trophées très convoités. Elles dormaient désormais toutes deux avec un Winfield posé près du lit.
Ce fut le dimanche qu'elles découvrirent Le corps de la femme, clouée à un arbre près d'une cabane délabrée. La malheureuse pourrissait sur place, la jambe droite en moins.
Fin fit un signe de tête vers l'avant, ce hochement désignant à la fois la scène et posant implicitement la question. Monstre ou humain ? sembla comprendre Jos sans un mot.
Jos haussa les épaules. C'était un monstre de toute manière. La chair rongée par la décomposition et le corps couvant désormais des colonies de mouches et d'asticots - la pauvre femme avait été visiblement torturée, avait servi de cible d'entraînement au tir et, bonté divine, était peut-être même encore en vie quand on l'avait été clouée à l'arbre ! Fin secoua la tête et pointa du doigt la porte qui s'entrebâillait sous l'effet du vent. A l'intérieur, elles découvrirent un homme, sale et couvert de furoncles pourpres, qui dormait sur une couche. Elles relevèrent toutes deux la pointe de leur fusil et se regardèrent. Elles demanderaient son nom à leur victime avant de la tuer. Mais lorsque Fin se pencha pour la réveiller, un sac à viande entra en enfonçant la porte, vomissant d'abominables sangsues par l'orifice gangrené de son torse cadavérique.
Manuscrit inédit, « Aussi mauvaises soient-elles »
Auteur : Hayden Collins
Non daté
Papier blanchi, dactylographié, 8,5" x 1"
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Salter se réveilla baignant dans une flaque humide où s'agitaient des sangsues et aperçut un sac à viande titubant, qui se cogna contre le mur, puis renversa le guéridon, faisant ainsi tomber papiers et pistolets . Il faisait face à deux inconnues, deux filles, debout près de la cheminée, les fusils levés, portant un véritable arsenal sur elles. L'une fit signe à l'autre, qui tira une chose d'une bourse attachée à sa ceinture et la jeta à travers la fine couche de papier obstruant la fenêtre. Un furieux vacarme retentit à l'extérieur et la créature se mit à se jeter contre le mur du fond avec une vigueur redoublée.
L'une des filles replaça son fusil dans son dos et s'empara d'une masse de forgeron, qu'elle maniait avec une force des plus inhabituelles chez une femme, et plus encore même chez une fille. Qui étaient donc ces intruses ?
Elle balança la masse en l'air et atteignit la colonne vertébrale de la créature, à supposer qu'elle en eût une. Le son que cela produisit, ce son flasque et sourd - un son que tout être fait de chair et d'os doit entendre avec le plus terrible dégoût - résonna désagréablement à ses oreilles. Il ne fut pas mécontent de voir que la chose se débattait à présent par terre, où elle se soulevait et se tordait en tous sens. La jeune fille frappa une deuxième fois avec de l'élan, écrasant cette fois la jambe ; mais elle n'avait pas tenu compte des sangsues qui, entretemps, avaient rampé jusqu'à elle. Elle sursauta et cria en entendant leurs écœurantes ventouses se coller sur sa chair dans un répugnant bruit de succion, avant de commencer à se nourrir.
Winfield M1873C Silencieux
WINFIELD SILENCIEUX M1873 (Voir aussi UN SUR MILLE, FUSILS, WINFIELD M1873, WINFIELD REPEATING ARMS COMPANY) Il s'agit d'un modèle en tous points identique à la version de base du Winfield M1873, si ce n'est l'ajout d'un dispositif de suppression sonore afin de modérer le bruit de détonation émis lors de chaque tir.
Feuilleton publié dans le Tulane Phoenix
Auteur : Hayden Collins
Date de publication : 1907
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Elle défiait la loi à chacun de ses pas. En tout instant, le moindre faux-pas risquait de la faire... LYNCHER.
Édition dominicale de la bibliothèque surnaturelle
LYNCH dans LE CORPS DÉROBÉ
Au sud et à l'ouest de la Nouvelle-Orléans, l'eau arrose la terre d'une multitude de boyaux aquatiques, engendrant les marécages du bayou. Les tupelos et les cyprès se dressent hors de l'eau douce en un agencement chaotique ; les frondaisons animent un jeu d'ombre et de lumière permanent sur ce milieu. Sauvage et féroce, telle est la région où se déroule notre histoire, un pays dominé par l'eau plus que la terre, le pays d'un peuple moins civilisé qu'il n'aime à le croire.
Elle avait capturé le fugitif en bateau, après l'avoir sauvé d'un alligator sur le point de le tuer, peut-être pour pouvoir le faire elle-même. Il lui avait volé une victime, et cela lui était intolérable. Elle ne voulait pas d'argent, mais elle avait besoin de tuer, de rebattre ses cartes pour restaurer sa clairvoyance à son plein potentiel.
Quand ils eurent posé le pied sur la terre ferme, elle lui tendit un piège à ours et le força à y passer la jambe sous la menace d'une arme. Puis elle passa une lourde robe et le conduisit au marché de la ville, la Winfield en bandoulière, en le retenant par la chaîne du piège, dont elle se servait comme d'une longe.
Munitions compactes Winfield M1873C Munitions empoisonnées
NC : Étrange de découvrir que Leroux ressentait plus de loyauté envers l'arme de son père que pour « l'Irlandaise » ou pour l'Association.
Winfield M1873C Tireur expert
WINFIELD M1873C TIREUR EXPERT (Voir aussi FUSILS, TIR DE PRECISION, WINFIELD M1873) Le Winfield M1873 d'origine est réputé pour sa précision, sa longue portée et sa cadence de tir. Le Winfield M1873C Tireur expert sublime ces capacités en profitant d'un poids allégé et de l'ajout d'une lunette de visée, permettant une précision accrue pour le tir à distance.
Feuilleton publié dans le Tulane Phoenix
Auteur : Hayden Collins
Date de publication : 1907
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Édition dominicale de la bibliothèque surnaturelle
LYNCH dans LE CORPS DÉROBÉ
Ils offraient un bien terrible spectacle : lui, couvert de sang, blessé et geignant ; elle, masquée et mystérieuse. Bientôt, une foule s'était amassée pour savoir ce qu'il devait advenir du prisonnier.
« Qui c'est lui ? » s'écria l'un des badauds dans l'attroupement.
« Qui es-tu ? » s'égosilla un autre.
Elle hésita. Puis, d'un geste preste et gracieux, elle rejeta un pan de son ample robe sur le côté, enleva son chapeau et se planta devant eux, transformée.
Elle mesurait dans les un mètre soixante-dix, se tenait droite comme un piquet, irradiait une aura puissante, resplendissait d'une sombre quoique fort pâle beauté, couronnée par une chevelure raide, blanchâtre comme de l'écume et tirée vers la nuque, tout en scrutant la foule de ses yeux noirs perçants.
Elle était habillée de bleu foncé, dans une tenue vaguement confectionnée à la manière des hommes, et les ourlets de son manteau descendaient jusque sur ses genoux. Ses pieds étaient enchâssés dans de hautes bottes de cuir et son fidèle revolver reposait sur sa hanche droite dans un étui, fixé à une ceinture sur laquelle s'étalait un rang complet de cartouches. Elle portait une Winfield en bandoulière dans son dos.
Elle tenait en main une chaîne, reliée à l'effroyable piège à ours qui entravait l'homme. Il poussa un long gémissement et de nouveaux badauds affluèrent. L'homme gardait le silence, il avait des traits ingrats et son allure était quelque peu disgracieuse. Un concert de ricanements secoua l'assistance, et la femme tempêta subitement à l'adresse des spectateurs : « Ça suffit ! Souhaiteriez-vous connaître les crimes commis par cet homme ? Ou devrions-nous le pendre sur-le-champ ? »
« Bon sang! Il a fait quelque chose de si grave que ça ? » « Absolument. Il a dérobé un bien qui m'appartenait. »
« Pendez-le ! Pendez-le ! », tonna la foule comme un seul homme. « Pendez-le de suite ! On veut voir une pendaison ! »
« N'y a-t-il donc personne pour plaider sa cause ? » demanda-t-elle d'une voix dure et assurée, comme si elle mettait la foule au défi d'aller contre sa volonté. « Il n'en est plus capable lui-même, car je lui ai coupé la langue. » A chacun de ses gémissements, des filets de sang s'écoulaient des lèvres serrées du condamné.
« Je vais m'en charger. » Un homme au costume orné de boutons en diamant s'avança hors de la foule. « Il me semble bien qu'il n'a pas eu droit à un procès équitable. »
Mais le lecteur sait bien que ce monde ne s'est pas bâti sur des fondations justes ou bonnes, quoi qu'on puisse en penser dans les contes les plus merveilleux. Et la femme leva le canon de sa Winfield à hauteur d'épaule, avant que le nouveau venu n'ait fini de parler, et l'abattit froidement. La foule pendit ensuite le malheureux prisonnier, son cou se brisant net au moment précis où le poids du piège l'entraînait vers le royaume de Hadès.
Winfield M1873C Vandale
WINFIELD M1873C VANDALE (voir également : WINFIELD M1873C, FUSILS) est une variante raccourcie de Winfield M1873C. Tandis que le M1873 standard exige une adaptation complexe, la longueur déjà réduite du magazine du modèle C permet de simplement couper le canon. Conçu pour des espaces confinés, le fusil s'est avéré populaire auprès de ceux qui recherchent la portée supérieure à celle fournie habituellement par un revolver.
Lettre, Gus Leroux
Manuscrite, 8,5 x 14 po.
1/3
Lorsque j'ai lu mon histoire publiée dans le journal d'aujourd'hui, j'ai à peine reconnu moi-même. J'imagine que les récemment décédés doivent affronter un moment semblable, lorsque, en passant de leur lit de mort dans la forme astrale, ils supposent qu'ils pourraient se préparer pour le jour nouveau, ignorant encore leur sort. Ils ne comprennent que plus tard que leur bougie a été soufflée, leur sort est apparu. Je n'ai pas pensé pour rien aux revenants parce que le journal parlait d'un fantôme, un spectre, qui terrorisait le Quartier français. Il ne m'est pas arrivé que ma quête de justice errante serait considérée comme surnaturelle.
Les gens débordaient d'excitation du fait que quelque chose d'un autre monde se promenait parmi eux. Pourtant, si l'on pouvait croire à cette Irlandaise, il y avait vraiment de ces créatures parmi nous, et c'est la crainte et la prudence que nous devrions cultiver. En me promenant parmi les foules de Bourbon Street, je pensais à l'ironie du fait que les gens ne me reconnaîtront pas en tant que fantôme parce qu'ils m'ont certainement reconnu d'une autre manière. Les souvenirs de mon humiliation me hantaient.
J'ai reçu mon ordre chez le forgeron. Le Winfield de mon père, raccourci, de sorte que je pourrais encore tirer avec mon bras valable. Il avait retiré la crosse et raccourci le canon. En le saisissant, je l'ai trouvé convenable. Quand je me suis retourné pour partir, le forgeron m'a demandé pourquoi je n'avais pas acheté un pistolet. Certaines choses devraient être faites à l’ancienne, et mon père faisait tout à l'ancienne. Je ne lui ai pas répondu.
À ce moment-là, les lettres avait fait des vagues et je savais que la main de mon père serait bientôt forcée. Si l'Irlandaise était arrivée à ses fins, je craignais pour le sort de la ville plus que pour le sort de ma famille. Le Winfield était dissimulé assez facilement dans une manche d'une veste de soirée longue, et ma cicatrice par un masque. Sa flamboyance n'était pas déplacée dans le Quartier français.
Le plan avait été d'attendre le crescendo de la pièce, mais ma patience n'était plus la même, mon penchant pour le drame était érodé par mon désir de vengeance. L'orchestre accordait encore ses instruments et le public était encore en train de s'installer lorsque le Winfield a aboyé. Mon père a dégringolé de sa loge et j'ai reculé dans le sombre labyrinthe du théâtre.
Munitions compactes Winfield M1873C Munitions incendiaires
NC : J'ai longtemps considéré Le Fantôme comme une énième invention de Hayden Collins. Pour autant, comme souvent, le destin a fini par montrer le bout de son nez, ou plutôt, dans ce cas précis, son visage tout entier, en faisant référence à « l'Irlandaise ». Plus je découvrais de références interconnectées, plus je m'inquiétais.
Munitions compactes Winfield M1873C Munitions à grande vitesse
NC : Nous avons plus qu'il ne faut de témoignages des jumeaux, la maison des Salter a été fouillée et un croquis de Black se trouvant ici mentionne un certain Sac à viande. Seuls les idiots continueraient à prétendre qu'il s'agit-là d'une invention de Collins. Un écrivain fou ne pourrait sans doute pas lancer une croyance, et encore moins la répandre.
Winfield M1873C Vandale Striker
WINFIELD M1873C VANDALE STRIKER (voir également : WINFIELD M1873C VANDALE) est un Winfield M1873C raccourci avec une lame montée pour une mêlée performante. La modification en fait un fusil polyvalent compétent, avec une portée, une puissance d'arrêt, une vitesse de tir et une maniabilité dans la mêlée respectables.
Lettre, Gus Leroux
Manuscrite, 8,5 x 14 po.
2/3
Il y a quelques semaines, lorsque je fouillais le grenier à la recherche des lettres, je suis tombé sur un livre d'anomalies médicales. Depuis lors, je l'avais gardé dans mon sac, y revenant à des moments tranquilles. Aujourd'hui, j'ai lu un chapitre sur le « membre fantôme », un phénomène découvert pendant la Guerre civile et une maladie mentale qui tourmentait les amputés de souvenirs corporels fugaces.
Depuis que j'ai perdu mon bras, j'avais du mal à nommer une certaine sensation de malaise. Je me réveillais en sursaut et tendais le bras pour allumer la lumière juste pour me rendre compte que je tendais le bras qui m'a été enlevé. Pour tirer avec le Winfield, je plaçais le canon sur mon avant-bras. Pourtant, j'avais toujours la sensation que ma main manquante saisissait la crosse du fusil, elle-même manquante.
J'avais eu une révélation sur ce que j'avais supposé être la veille de ma mort le jour où l'Irlandaise m'a trouvé. Après l'incident au théâtre, je m'étais dirigé vers le nord, en voyageant la nuit et en évitant ses chasseurs le mieux possible. À un certain carrefour sans nom, je suis tombé sur un ancien combattant avec le visage dans la poussière. Je l'ai libéré de son uniforme et couvert mon propre visage de boue, en marchant désormais le jour dans ce déguisement.
Ma révélation était la suivante : la justice pour laquelle j'ai combattu n'existe pas. Pas sur la route. Nulle part. La règle de droit n'était qu'une farce, rien de plus qu'une illusion. Je mourrais de faim et je mendiais et ensuite je volais. J'ai atteint la frontière de l'État, mais je suis revenu en arrière. Il n'y avait rien pour moi sur cette route. J'ai fixé une lame à l'extrémité du Winfield pour le rendre plus redoutable et appréhendais le jour où j'utiliserais. Quand ce jour est arrivé, je n'ai senti rien de particulier.
Ils m'ont crié tellement de choses. Des noms terribles. Des noms ridicules. L'un qui m'a frappé était « vandale ». Il y avait toujours quelque chose de juriste en moi qui s’en offusquait : pour tous les crimes que j'ai commis, je n'étais pas un vandale. Mais le fantôme et le vandale sonnaient bien à l'oreille : le même attrait qu'avaient les dime novels scandaleusement intitulés, leurs personnages étant tout aussi ridicules. Je ne pourrais pas m'associer au nom, mais je pourrais, peut-être, jouer le rôle. Peut-être, je l'étais déjà.
Munitions compactes Winfield M1873C Munitions blindées
NC : J'ai longtemps considéré Le Fantôme comme une énième invention de Hayden Collins. Pour autant, comme souvent, le destin a fini par montrer le bout de son nez, ou plutôt, dans ce cas précis, son visage tout entier, en faisant référence à « l'Irlandaise ». Plus je découvrais de références interconnectées, plus je m'inquiétais.
Winfield M1873C Vandale Tireur adroit
WINFIELD M1873C VANDALE TIREUR ADROIT (voir également : WINFIELD M1873C VANDALE, FUSILS) porte une lunette montée améliorant ses capacités à distance. Elle augmente la capacité de l'arme à moyenne distance, permettant d'avoir la cible en vue puis la descendre avec une brève rafale.
Lettre, Gus Leroux
Manuscrite, 8,5 x 14 po.
3/3
Peut-être, je suis revenu dans le bayou en comprenant que j'étais encore de chair et de sang. Peut-être, comme le revenant que je sentais être devenu, j'étais incapable de partir vraiment avant que certaines questions étaient réglées. Il n'a pas fallu longtemps à l'Irlandaise pour me trouver parce qu'elle pouvait communier avec les non- vivants, et j'en faisais certainement partie.
Pour mon dernier combat, j'ai choisi une grange avec une centaine de points de tir. Derrière elle, il y avait un étang étendu habité par quelque chose, quelque chose que j'ai vu traîner toutes sortes de créatures sous la surface de fougères. Au premier plan s'étendait un champ que j'ai brûlé et illuminé ensuite de lumières électriques. Une génératrice bourdonnait en bas. Il y avait suffisamment de fioul pour trois nuits. J'avais monté une courte lunette au Winfield qui m'offrait une vision claire de toute la zone. J'ai arpenté la grange pour pouvoir y marcher avec mes yeux fermés et sans émettre un son.
Elle en avait envoyé trois à mes trousses. Toute la nuit, nous nous sommes livrés à un duel à partir la limite des arbres éloignée jusqu'à la grange. Avec mon œil valable, j'ai pu tout juste apercevoir la lueur de leurs canons. Je pense que deux d’entre eux étaient morts à l'aube. L'affrontement s’est alors terminé.
À midi, l'Irlandaise s’est avancée elle-même de la limite des arbres, sa crinière blanche dissimulée sous un chapeau à large bord, portant une cassette en bois. À la voir à travers la lunette, elle paraissait amusée avec une touche d'ironie. J'attendais qu'elle appelle, mais au lieu de cela elle a juste posé la cassette et s'en est allée. Elle a atteint la limite des arbres et puis s'est retournée. Mes yeux sont revenus nerveusement à la cassette dans l'attente d'une explosion. Lorsque j'ai regardé de nouveau une demi-seconde plus tard, elle était partie.
À la tombée du jour, j'ai considéré que la lumière avait diminué suffisamment pour risquer d'examiner la cassette. Plus légère que j'avais pensé, elle portait les lettres gravées « A.H.A. ». J'ai réfléchi pendant longtemps si j'allais l'ouvrir et finalement la curiosité a pris le dessus. Une lettre à l’intérieur. Je l'ai balayée rapidement.
« Après tous nos efforts pour le mettre en sécurité, la mort de ton père nous a été très inopportune. Mais la vengeance serait un engagement excessif de nos ressources limitées. Au lieu de cela, nous t'offrons un gage de paix dans l'espoir qu'il te permettra de mieux régler ta dette. Maintenant, tu peux être des nôtres.
Salutations,
L »
Un beau bras prothétique était joint à la lettre. Je l'ai retournée dans la lumière, je n'avais jamais vu une telle dextérité, telle attention au détail ! Je l'ai posée, l'ai retournée et vu le mot « Fantôme » écrit en lettres minuscules.