Ce dossier regroupe les pages de ce qui semble être un journal.
[ Pour le moment, juste une transcription romancée du tutoriel ]
Je me souviens avoir pénétré dans un châlet lugubre gardé par des Chasseurs.
On m'orienta vers un homme dans un pièce à l'arrière. Il prit une seringue sur le bureau, et me l'injecta sans crier gare.
« À toi la souffrance du sauveur et l'argent du traître.
La douleur ne te quittera jamais, mais tu te consoleras avec de l'argent. »
Des choses plus effrayantes les unes que les autres défilaient dans mon esprit ; mon cœur battait la chamade.
Il me semble avoir crié, juste avant de m'évanouir.
Je me suis réveillé groggy dans une grange délabrée.
J'ouvris les yeux péniblement, en entendant de nouveau la même voix rauque, toute proche. « Tu fais partie des survivants. Tu as ça dans le sang. Allez, debout. »
Je me redressai en titubant, me tournant vers la voix. L'homme était à l'extérieur. « Cette injection t'a fait un sacré effet, pas vrai ? Il y a une trousse de soin près du portail. Utilise-la. »
J'utilisai la trousse rapidement, avant de sortir de la grange.
« C'est bon, d'attaque ? Alors, en avant. Tu as beaucoup à apprendre. »
J'avançais dans la cour, essayant de me rapprocher de la voix. « Première leçon : traverser un cours d'eau, c'est lent et bruyant, mais parfois, c'est le seul moyen qu'on ait. Reste sur tes gardes. »
L'eau était glaciale, j'essayais de me hâter en la traversant. Une fois sorti de l'eau, je continuais sur ma foulée rapide. « C'est bien d'être rapide, mais courir trop longtemps va t'épuiser. Arrête de sprinter de temps en temps pour reprendre ton souffle. »
Ça me sembla être un bon conseil, je ralentis l'allure.
Il m'observait sans mot dire. Est-ce qu'il attendait que je prenne des initiatives ?
Une clôture en bois dont les panneaux supérieurs étaient cassés semblait être le seul chemin pour continuer d'avancer. Je me décidai à franchir la clôture.
À l'instant où je posai le pied à terre de l'autre côté, j'entendis, puis sentis, un piège à loup se déclencher et enfoncer ses dents au-dessus de ma cheville. Dans la douleur, j'ai cru entendre un rire, avant que la voix ne se mette à nouveau à me parler : « Tu trouveras des pièges de ce genre, de temps à autre. »
J'écartai les dents du piège du mieux que je pus afin d'en dégager ma jambe. « Soigne-toi, que tu ne te vides pas de ton sang. Je t'ai donné cette trousse de soins pour une raison. Si elle est vide, il y a une boîte à pharmacie juste ici. »
Je préférai utiliser la trousse de la pharmacie. Qui sait ce qui m'attend.
Est-ce que je devais encore faire confiance à cet homme ? « Bon, si tu veux te faire de l'argent, il va falloir que tu trouves une cible. »
« Tu te souviens de l'injection ? »
Un frisson me parcourut l'échine, évidemment que je m'en souvenais. J'avais toujours eu la frousse des aiguilles.
Il m'avait fait l'injection avec violence, comme un coup de poignard dans le bras avant d'appuyer sur le piston.
J'avais donné mon accord oral pour devenir un Chasseur, mais je ne m'attendais pas à ça, pas aussi rapidement. « Ça t'a donné des capacités spéciales. Ça t'aidera à voir plus loin que les humains normaux. »
Des bribes me revenaient : en plus du geste brusque, le produit injecté m'avait comme brûlé de l'intérieur.
Rien que le souvenir me provoquait une remontée d'angoisse. « Ça t'a donné ce qu'on appelle la vision occulte. Tu sens ce fourmillement derrière tes yeux ? »
Effectivement, je sentais quelque chose de différent en moi. Dans ma tête, dans mon corps. Qu'est-ce que j'ai fait ?
Je fronçai des sourcils, puis acquiesçai en silence.
« Concentre-toi sur cette sensation pour passer en vision occulte et cherche des trucs bleus qui brillent. La lumière te guidera jusqu'à ton premier indice. »
J'essayai de reprendre mon calme. Pour me concentrer, je fermai les yeux. J'entendais un bruit étrange, mais pas dérangeant. Je me tournai vers le bruit et commençai à voir quelque chose de bleuté. Incroyable ! J'ignorais si mes yeux étaient ouverts ou fermés, mais l'amas bleu était bien présent. Je fis quelques pas dans sa direction avant de buter contre une botte de foin. Cela me fit rouvrir les yeux. Il fallait que je grimpe par l'échelle pour pouvoir passer à l'intérieur de cette grange. « Chaque indice te guide vers ta cible. Cette carte que j'ai laissée dans ta poche te montrera la voie à suivre. J'ai même pris la peine de marquer les points de ravitaillement dans la légende. »
Par réflexe, je mis la main à ma poche. Effectivement, quelque chose en papier était là. Je sortis la carte pour y jeter un œil. « Entre la carte et la vision occulte, tu devrais pouvoir te rapprocher de l'emplacement de ta cible à chaque indice. »
Je grimpai rapidement l'échelle, puis replongeai en vision occulte. L'indice, ce doux nuage bleuté et son bruit éthéré, m'attirait vers lui. Je sautai sur un tas de foin pour descendre dans la grange, puis trouvai mon chemin jusqu'à lui. Il était là, à terre ; un cercle sombre, craquelé, qui puait la corruption. Et pourtant, ma main n'attendait que de pouvoir le toucher.
Je tendis la main vers l'indice et, avant que je m'en rende compte, j'avais déjà absorbé l'énergie qui en émanait. L'aura avait disparu, le son aussi. La croûte craquelée s'était brisée et laissait apparaître un rond noir presque parfait. « Beau travail. On dirait que ta cible se trouve à l'Ouest. »
Je continuai de regarder successivement l'indice puis ma main, mon bras. L'attrait pour l'indice avait disparu. On pourrait comparer ça à une sensation de manque, et je venais de prendre une dose. Je ne comprenais juste pas comment cela s'était produit.
« Grimpe à l'échelle, qu'on voit si la discrétion c'est ton truc. »
Sa voix me fit sortir de mes pensées. Je m'exécutai puis regardai vers l'extérieur. Tout proche, il y avait un cheval couché sur le flanc ; un peu plus loin, un chenil ; et sur le chemin, des corbeaux et des canards. « Ah, des bestioles. Ils sont prêts à décamper si tu leur fais peur, et ça risque d'alerter un ennemi à proximité.
Essaie d'atteindre le portail de l'autre côté sans alerter les animaux. Qui sait, si tu y arrives, il y aura peut-être une récompense à la clé. »
J'ai failli trébucher en sortant de la grange. Le cheval a levé la tête et m'a regardé sans hénir, j'ai juste entendu sa respiration, forte. Je m'accroupis doucement, puis traversai le plus lentement possible entre le cheval et les corbeaux. Puis, proche du chenil, je me dirigeai vers une énième grange décrépite. « Pas mal. Ça aurait pu être mieux, mais rien de catastrophique.
Tu as bien mérité quelques outils. Regarde autour de toi, tu vas en avoir besoin. »